Carthagea | Burn-out et bas salaire : nouveaux fléaux dans les EHPAD
Les cas de maltraitance en maison de retraite sont dus à l’augmentation continuelle des tâches que l’on demande au personnel soignant, sans contrepartie financière.
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Burn-out et bas salaire : nouveaux fléaux dans les EHPAD

Il ne se passe pas un mois sans qu’un cas de maltraitance en EHPAD soit recensé. Ces mauvais traitements physiques ou moraux ne trouvent pas leur cause par une déficience dans la formation du personnel ou dans le caractère intrinsèquement malveillant des aides-soignants. En réalité, les cas de maltraitance en maison de retraite sont dus à l’augmentation continuelle des tâches que l’on demande au personnel soignant, sans contrepartie financière.

Ces maltraitances en EHPAD doivent nous alerter

Ce rapport publié par l’OMS en septembre 2016 est révélateur : une personne âgée sur 10 est victime de maltraitance chaque mois. Pire, ce taux serait plus important encore dans des institutions comme les maisons de retraite. Et le plus édifiant est que les personnes âgées vivent dans la crainte de dénoncer ces cas de maltraitance en EHPAD : seul un cas de mauvais traitement sur 24 serait déclaré à la famille ou aux autorités !

La maltraitance en EHAD revêt plusieurs formes : contraintes physiques (entraves, mise à l’isolement dans les chambres, traitements chimiques), non-respect de la dignité des résidents et des soins (ne pas laver les personnes âgées, négligences…), sur- ou sous-médicamentation, violences morales…

Ces actes, qui s’apparentent parfois à de la cruauté, sont malheureusement le fait de l’accroissement de la charge de travail sans compensation, provoquant des tensions au travail, voire des burn-out.

Burn-out et bas salaire, principales cause de la maltraitance en EHPAD

Le manque d’effectif induit un surcroit de travail pour le personnel des maisons de retraite. Cette surenchère de l’activité, qui ne s’estompe pas avec le temps, crée des tensions inévitables entre les résidents et le personnel. Lesquelles aboutissent malheureusement à des cas de maltraitance en EHPAD et au stress chronique voire au burn-out des salariés.

Et rien n’est fait pour atténuer le stress au travail du personnel soignant comme une compensation financière, bien au contraire.

En effet, le salaire brut moyen d’un aide-soignant est de 1761€ dans le secteur public. Dans le secteur du 3e âge, celui-ci tombe à 1698€ pour l’associatif et 1675€ pour le privé… 55% des établissements sont privés contre 45% publics. Les aides-soignants travaillant dans les maisons de retraite sont par conséquents généralement moins bien payés que la moyenne française.

A voir, Documentaire de France2 : Les Infiltrés - Maisons de retraite : Chronique d'une maltraitance ordinaire

Quelles sont les solutions pour endiguer ces mauvais traitements ?

La première solution serait d’informer les familles et les personnes âgées de l’existence de cas de maltraitance en EHPAD. Des campagnes de prévention dans les établissements devraient insister sur les signes alertant la famille de probables maltraitances (ecchymoses, pertes de poids, changement brutal de l’humeur…).

En France, 35.5% des EHPAD ont un taux d’encadrement soignant inférieur à 0,3 – soit un personnel soignant pour plus de 3 personnes âgées – et 58.8% des EHPAD ont un taux d’encadrement en 0,3 et 0,6 soignant pour un résident… Il n’est donc pas rare qu’une aide-soignante ait à faire 10 à 15 toilettes par jour… Alors même que le plan Solidarité Grand Âge préconise un taux d’encadrement d’un personnel pour un résident ! Mais on l’imagine, réussir à imposer un ratio soignant/résident raisonnable entrainerait un coût élevé, trop élevé pour la sécurité sociale ou pour les familles.

La solution réside peut-être dans ces maisons de retraite situées à l’étranger qui proposent des ratios soignant/personne âgée décents. Il en existe de nombreuses dans le pourtour méditerranéen, notamment au Maroc ou en Tunisie. Forts de leur capital touristique et de leur savoir-faire en matière de tourisme médical, ces pays ont développé une offre en maison de retraite de qualité. A condition d’accepter de s’expatrier, une personne âgée peut bénéficier de soins dignes prodigués par du personnel soignant à l’écoute. Car généralement dans ces établissements, le ratio d’encadrement est d’un soignant par résident ce qui éloigne la crainte de mauvais traitements.

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